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Église évangélique de Chanteloup-Les-Vignes

 Billy Petit : une balle dans la poitrine, la paix dans le coeur

Billy Petit est le pasteur spécialement en charge de l’oeuvre de Chanteloup les Vignes. Outre sa charge pastorale, il exerce une activité professionnelle à la Caisse d’Epargne. Il a vécu il ya quelques années une expérience remarquable qu’il a racontée dans plusieurs revues. Nous reproduisons ici son témoignage.

Un matin sans histoire...

Billy Petit, originaire de Haïti, est venu en France à l’âge de huit ans et a vécu 23 années paisibles dans ce pays adoptif. Il a 31 ans à l’époque de ce récit extraordinaire.

L’agence bancaire de Cergy-Pontoise vient d’ouvrir à 8h30. Ce samedi, le 11 août 2001, journée peu chargée, est son dernier jour de travail avant son départ en vacances. Quelques clients attendent patiemment que l’on s’occupe d’eux.


Tout bascule : le drame

Vers 8h50, une “femme” se dirige tout droit vers le guichet numéro 2 derrière lequel il est assis. Cette “ femme ” a l’air un peu étrange - perruque noire, robe noire, chaussures noires, grand sac noir. Billy n’aurait jamais imaginé, même dans ses pires cauchemars, que cette « femme » fasse ce qu’elle allait faire. En fait, il ne s’agissait pas d’une femme, mais d’un jeune homme, déguisé en femme. Cet ancien employé de l’agence avait été renvoyé deux ans auparavant, alors que Billy ne travaillait pas encore dans cette agence. Pour cet homme, c’est enfin l’heure de la vengeance ! Plongeant sa main dans son sac, il sort un revolver muni d’un silencieux.

Les mains en l’air ! ordonne-t-il. Avant que Billy n’ait le temps d’obéir, une balle tirée à bout portant pénètre sa poitrine, juste à côté du cœur. Dans ma tête je ne me rendais pas compte de ce qui m’arrivait. Il y a eu l’impact, et le sang a commencé à couler. Ca me faisait très mal. Mais Billy pense : Ca ne peut pas être vrai. Ca doit être une blague. C’est sûrement une balle en caoutchouc. Un collègue est contraint de fermer la porte à clé et de tirer les volets pour que tout le monde pense que l’agence était fermée. Cet isolement sanglant allait durer jusqu’à 13h 30.

Le malfaiteur les fait descendre dans la salle du coffre fort. Il oblige le directeur de l’agence à attacher les autres d’un épais scotch noir que l’homme avait prévu dans son sac avec ses deux revolvers. Billy est à terre, son sang coule. Arrivé près de lui, le directeur refuse de l’attacher : Il est blessé !. Et l’autre de répondre froidement : De toutes façons lui, avec ce qu’il a reçu, il lui reste très peu de temps.

Pour cet homme, ma mort était certaine, raconte Billy de sa voix de baryton. Le malfaiteur monte à l’étage avec le directeur. C’était ce directeur qui avait dû le renvoyer sur ordre de la banque. C’était quelqu’un de prévenant, d’abordable. C’était un ami, se souvient Billy. Après un moment nous entendons des coups de feu étouffés par le silencieux du pistolet - pan, pan -. Et puis le bruit sourd d’un corps qui tombe par terreexplique un otage. Au début les otages n’osent comprendre ce qui se passe. Quelque temps après, le tueur redescend. Il contraint à monter avec lui un autre employé qui connaît le code donnant accès à l’argent. Ils montent ensemble. Puis encore ce bruit de coups de feu d’un pistolet silencieux. L’homme descend de nouveau, sans le collègue. Il exige qu’un autre monte avec lui.

Là, nous avons commencé à vraiment comprendre explique Billy. Encore des coups de feu.


Une « visite » du ciel

La panique s’empare de ceux qui sont restés en bas : une jeune mère croit ne jamais plus revoir sa fille d’un an ; des clients venus pour de banales transactions un samedi matin s’étonnent d’être acteurs malgré eux de ce cauchemar ; des employés qui ne travaillaient même pas dans cette agence quand l’homme avait été renvoyé s’interrogent sur le pourquoi de tout cela ; tous regardent la mort en face.

Plus le temps passe, plus Billy a de mal à respirer. Réalisant que le tueur est en train d’abattre ses collègues, il sait que ce n’est pas une plaisanterie de mauvais goût, que la balle qui l’avait pénétré était une balle mortelle. Allongé par terre, saignant d’une hémorragie interne, Billy Petit se trouve face à face avec la mort. Il dit au Seigneur : S’il faut que je rentre aujourd’hui à la Maison, je suis prêt . Mais Dieu avait d’autres desseins pour lui. A ce moment, quelque chose d’exceptionnel se produit : J’ai ressenti comme une bouffée de chaleur, la main de Dieu. La présence de Dieu était sensible. Je sentais l’Esprit qui venait dans mon cœur et qui me disait Non, pas maintenant. Pas encore. Là, j’ai su que je ne mourrais pas. Dieu m’a donné la conviction que ce jour là, je ne mourrais pas. Dans mon cœur, il n’y avait aucune crainte, aucune peur. J’avais la paix de Dieu.


Le cauchemar continue

L’homme redescend mais la police avait tout bouclé à l’extérieur de la banque et il lui faut s’échapper. Il sort avec deux otages, réussit à prendre la fuite, tuant un autre homme et blessant sa femme avant de voler leur voiture. Il est arrêté deux jours plus tard, chez-lui. A la fin, il y aura eu trois personnes tuées : les deux collègues de la banque et l’homme à l’extérieur lors de la fuite du malfaiteur. Il y aura aussi eu deux blessés : un collègue qui aura reçu une balle dans la jambe et une femme à l’extérieur.


Mais Billy s’en sort

Bien que Billy ait été emmené à l’hôpital en urgence et qu’il ait été opéré tout de suite, cela faisait déjà six longues heures que la balle avait transpercé sa poitrine. Cela faisait trop longtemps, et il y avait une hémorragie interne. Il avait perdu beaucoup de sang. Le pasteur Dominique Taillifet de Saint-Germain-en-Laye a rapporté : Nous avions été prévenus de tout cela par des amis qui croyaient que Billy était mort. Plus tard, nous avons appris que ce n’était pas le cas, mais qu’il avait été très grièvement blessé.

Le pasteur ainsi que d’autres membres de l’Église se sont réunis pour prier. Au plus grand étonnement des médecins, l’opération s’est très bien passée. Quinze jours plus tard, Billy a quitté l’hôpital pour aller en maison de convalescence pour un mois. A sa sortie de l’hôpital, il a rencontré le professeur qui l’avait opéré. L’hôpital d’urgence était un ancien hôpital militaire et le médecin savait très bien ce qui devait arriver à un homme qui reçoit une balle dans la poitrine de cette façon.

Je ne comprends pas, a déclaré le professeur. Et il s’est mis à énumérer six ou sept raisons pour lesquelles Billy ne devrait plus être en vie. Là vous auriez dû mourir... , là vous auriez du mourir..., et là .... Il n’en revenait pas. C’est un miracle ! s’étonna-t-il. Monsieur, croyez-vous aux miracles ? (Billy raconte cette partie de l’histoire avec les yeux pétillants et un rire jovial). Je lui ai répondu que je croyais en Jésus-Christ.


Pourquoi tout celà ?

Mais maintenant, Billy doit réfléchir à sa vengeance prochaine, aurait-on tendance à penser... Eh bien pas du tout ! Pour cet homme-là, je n’ai aucune haine. Je prie pour qu’il rencontre Dieu.

Le jeune pasteur voit beaucoup de ramifications positives bourgeonner de cette horrible expérience. En ce qui concerne les collègues de la banque, j’avais eu abondamment l’occasion de leur parler de Jésus-Christ avant que tout cela n’arrive. Ceux qui ont survécu sont maintenant bien plus réceptifs. Billy ne travaille plus dans une agence mais au siège social administratif ou cette histoire est bien connue. La où je travaille maintenant, (350 employés environ) la plupart savent que je suis chrétien. Des collègues viennent parfois dans son bureau à la pause et ils parlent, Comment ça se fait ? Pourquoi ?

Certains, qui jusque là, avaient été un peu sceptiques, sont interpellés. Quand ils comprennent d’où Dieu m’a tiré et que c’était vraiment la main de Dieu dans ma vie, ils se posent des questions. Quelques-uns ont même assisté aux services de baptême à l’Église évangélique Saint-Germain-en-Laye, qui est l’Église mère de l’assemblée de Chanteloup où Billy sert comme pasteur.

Et le changement qui s’est opéré dans le quartier où se trouve son église l’a lui-même surpris. C’est un quartier difficile, souligne le pasteur Petit. Souvent pour que les jeunes vous respectent, il fallait avoir fait de la prison ou avoir eu un accrochage avec la police. Ce qui m’est arrivé a fait le tour du quartier et m’a apporté un certain respect de la part des jeunes.

Tout le monde sait que j’ai reçu une balle. Auparavant, quand je les croisais, ils me jetaient un regard plein de haine. Maintenant, la haine a laissé la place au respect. Quand je les vois et les salue, ils me répondent. Ce mur de fer qui était là, a été enlevé et maintenant on peut dialoguer. Quand je discute avec eux, ils m’écoutent.

Billy parle avec passion quand il s’agit de son quartier, et surtout des besoins des jeunes et des enfants. A onze heures du soir ou minuit tu vois des enfants de cinq ou six ans à l’extérieur. Ce sont de petits adultes. Ils sont durs.


L’œuvre avance

Quelque temps après ces évènements, Billy a organisé avec son Église une réunion spéciale pour les enfants, dans la salle des fêtes de Chanteloup. Ils attendaient quelques gosses mais à la surprise générale, la salle était archicomble.

Ce jour là, a remarqué le pasteur, l’espace d’un moment, ils sont redevenus des enfants. Ils chantaient. Ils riaient. raconte-t-il avec enthousiasme. Quand il pense aux trois mille enfants de la ville de Chanteloup, plus le besoin des jeunes et des adultes, c’est comme si on lui posait la même question que le médecin lui a posée un autre jour : Monsieur, croyez-vous aux miracles ?

Il a déjà vu la main de Dieu dans sa propre vie et il ne doute pas que Dieu a encore des miracles en réserve pour les gens de son quartier meurtri. La réponse est :


Oui, je crois aux miracles !